Turner

«Il y a en chaque homme un vide en forme de Dieu,

Et nul autre que Lui ne peut le combler»

Pascal

 

Ce vide, quel mystère!

Il y a certes une soif en nous. Une soif que seul l'absolu peut combler tout à fait. 
Un vide dont nous pouvons ne pas être conscients dans nos vies occupées.
Nous passons bien du temps à chercher à remplir ce vide de toutes les façons
Et lorsque les épreuves débranchent notre pilotage automatique, nous avons l'occasion de percevoir la profondeur de ce puit en nous.

Cette sensation est vertigineuse et nous l'interprétons selon les références culturelles qui sont les nôtres. Religeuses ou pas.
Ce vide ne fait pas de différence entre les Humains. Croyants ou pas.

Un vide en forme de Dieu
Un vide en forme de feu
Une immensité
Une soif ardente

Qui pourra la combler?

Le Bouddha nous dit que tous les phénomènes sont vides: ils n'existent pas en eux-mêmes. C'est là le troisième sceau - la troisième caractéristique - du Dharma.
Il parle de la vacuité pour nous libérer de notre attachement au Soi et aux phénomènes.

Il est dit que le nirvâna sera atteint au moment où tout ce qui est artificiel et voilé se sera dissipé.

Ce regard de vérité où toutes les illusions sont démasquées est le quatrième sceau de la Voie.

Ce n'est pas Dieu qui comble le vide qui n'attend que lui. C'est le vide illuminé par un regard éclairé qui éteint le soif.

Qu'est ce qui désaltère profondément la soif existentielle?

Pour les Chrétiens: c'est Dieu lui même
Pour les Bouddhistes, c'est la connaissance, la Vérité

Pour eux, le vide n'est pas une attente de Dieu, c'est la caractéristique de l'existence. Donc le vide ne peut être comblé. Mais le vertige oui.

Reconnaître les choses telles qu'elles sont. Vides "par essence", vides d'essence, c'est combler la soif de devenir et de ce fait même être libéré du vertige.

On peut alors danser, heureux, sur la ligne de crête et poser sur ce vide resté vide, un regard de sagesse et de compassion.

Illustration: Turner