Sur le chemin de la simplicité

22 mai 2012

Les Questions Composent

"Parce que les questions sont plus importantes que les réponses. Parce que chaque quête est un parcours initiatique dont on se fiche finalement de l’objectif. Parce que, science, sens ou non-sens, l’essentiel dans tout ça est de se servir de notre cerveau avant qu’il ne soit dévoré par les zombies. Au fait, pourquoi les zombies mangent du cerveau?"

Parce que ce blog me fait du bien, me fait rire et réfléchir:  Les questions composent

Posté par Kaiko 2000 à 15:36 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,


16 mai 2012

VINGT ALTERNATIVES À LA PUNITION par Aletha Solter

index

1. Cherchez les besoins profonds de votre enfant.

Ex: Donnez des jouets à votre enfant si vous attendez ensemble dans une queue.

2. Donnez de l’information et des explications.

Ex: Si votre enfant dessine sur le mur, expliquez-lui pourquoi il faut utiliser du papier.

3. Essayez de reconnaître, de permettre, et d'écouter les émotions sous-jacentes.

Ex: Si votre enfant donne des coups à sa petite sœur, encouragez l'aîné à exprimer sa colère et sa jalousie d'une façon non violente. Il aura peut-être besoin de pleurer ou de faire une crise de colère.

4. Modifiez l’environnement. Ceci est parfois plus facile que de changer l’enfant.

Ex: Si votre enfant sort la vaisselle de l’armoire, mettez une serrure.

5. Suggérez une solution alternative qui soit acceptable pour vous.

Ex: Si vous ne voulez pas que votre enfant construise un château de coussins dans la salle à manger, il ne suffit pas simplement de l’interdire. Dites-lui où c’est permis.

6. Montrez comment il faut se comporter. Les explications verbales ne suffisent pas.

Ex: Si votre enfant tire la queue du chat, montrez-lui comment il faut caresser un chat.

7. Donnez des choix plutôt que des consignes. Les choix aident les enfants à se sentir puissants.

Ex: Est-ce que tu veux te brosser les dents avant de mettre ton pyjama ou après?

8. Cédez de temps en temps.

Ex: Puisque tu es tellement fatigué ce soir, tu peux te coucher sans te brosser les dents.

9. Préparez votre enfant.

Ex: Si vous attendez des invités, expliquez à votre enfant comment vous voulez qu’il se comporte.

10. Laissez les conséquences naturelles se produire.

Ex: Un enfant qui laisse traîner par terre son maillot de bain le trouvera encore mouillé le jour suivant.

11. Communiquez vos propres émotions. Expliquez à l’enfant l’effet de son comportement sur vous.

Ex: « J’en ai vraiment marre, et en plus ça me fatigue de nettoyer ces miettes dans le salon chaque jour. »

12. Agissez de façon ferme s’il le faut.

Ex: Si votre enfant veut traverser la rue sans vous attendre, tenez sa main fermement quand vous vous promenez.

13. Prenez votre enfant dans les bras.

Un enfant qui agit de façon agressive peut profiter d’une étreinte ferme mais aimante qui lui permettra d’extérioriser ses émotions réprimées en pleurs libérateurs.

14. Éloigner votre enfant d’une situation conflictuelle et accompagnez-le.

Écoutez-le, partagez vos propres émotions, prenez-le dans les bras, et discutez des solutions possibles.

15. Faites des choses ensemble, et utilisez le jeu pour encourager la coopération.

Ex: « Faisons semblant d’être les sept nains pendant que nous rangeons cette chambre. »

16. Utilisez le rire pour dédramatiser une situation.

Ex: Si votre enfant se fâche contre vous, suggérez-lui de vous frapper avec des coussins. Faites semblant d’être faible et d’avoir peur, et tombez par terre, vaincu. Le rire l’aidera à dissiper sa colère.

17. Faites des négociations et essayez de vous mettre d’accord.

Ex : Si vous devez rentrer à la maison, et que votre enfant veut rester à la place de jeu, mettez-vous d’accord sur le nombre de fois qu’il peut monter sur le toboggan avant de partir.

18. Discutez des conflits avec votre enfant.

Si un conflit se répète souvent, expliquez-lui vos propres besoins et sentiments, et invitez-le a vous aider à trouver une solution qui soit acceptable pour tous. Déterminez les règles ensemble. Organisez des conseils de famille.

19, Modifiez vos attentes. Essayez d’accepter votre enfant tel qu’il est.

Les petits enfants ont des émotions intenses et des besoins très forts. Ils sont naturellement bruyants, curieux, désordonnées, déterminés, impatients, exigeants, créatifs, distraits, anxieux, égocentriques, et pleins d’énergie.

20. Prenez un moment pour vous.

Si vous vous sentez en colère, sortez de la pièce et faites ce qu’il faut pour regagner votre calme. (ex: téléphonez à un(e) ami(e), pleurez, criez dans un coussin, méditez, prenez une douche, etc.).

Aletha Solter est l'auteur de Mon bébé comprend tout, Bien comprendre les besoins de votre enfant, et Pleurs et colères des enfants et des bébés.

Copyright © 1996 par Aletha Solter. Cet article est reproduit du site internet pour Aware Parenting Institute (www.awareparenting.com).

Posté par Kaiko 2000 à 08:00 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
15 mai 2012

Coeur de pierre... coeur de chair

coeur_de_pierre

Parce que la simplicité volontaire et la non-violence c'est aussi être plus présent à la manière dont notre société traite les plus faibles, voici ma lettre au maire de mon arrondissement:  Monsieur_le_Maire

Ici, l'article de Libération du 3 mai dernier qui m'a bouleversé et en particulier cette interpellation de Muhammad, 15 ans et demi:

"Les français doivent avoir un coeur de pierre pour passer devant nous sans nous aider."

Posté par Kaiko 2000 à 13:56 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
11 mai 2012

Les trois poisons

coeur_mandalaAu coeur des mandalas bouddhistes, on peut voir cette étrange image: un cochon mordant la queue d'un serpent, mordant un coq qui mord à son tour la queue du cochon.

Elle représente ce que l'on appelle "les trois poisons", l'avidité, la colère et l'ignorance. ce qui, soit dit en passant, est très injuste pour ces animaux...

En ce moment, si je regarde dans le miroir, j'y vois donc un serpent. La colère m'habite. Une colère froide, un rejet puissant en réaction à une blessure insurmontée.

Cette colère est bien sûr déclenchée par une situation précise: la vision de mon homme absorbé par son écran d'ordinateur. Cette absence me blesse et ma réaction de défense est cette colère puissante qui me submerge.

Mais cette cause n'est que le déclencheur d'une émotion primordiale, ce poison présent en moi. Ce poison qui ne disparaîtra pas même si mon homme devenait tout à coup attentif, présent et attentionné.

La cause de cette colère est finalement accessoire même si la communication non-violente peut améliorer parfois les relations humaines.

TIroue2

Il y a une puissante énergie dans cette colère. Je sais que lorsque celle-ci s'essoufle, c'est la dépression qui pointe.

Cette énergie peut probablement être utilisée à bon escient. Je ne souhaite pas chasser cette colère mais apprendre d'elle. La dépasser.

Comprendre ce qu'elle a à m'apprendre de mes désirs, de mes peurs, de la force qui m'habite et de ce mécanisme de protection.

Une colère accueillie et comprise s'apaise. Le serpent lâche alors son emprise et la ronde infernale cesse.

A propos de la roue de la vie:  Cliquer ici

Posté par Kaiko 2000 à 11:15 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
Tags :
04 mai 2012

Être doux avec soi-même: la dépression

Sisyphe


"La dépression n'est pas

un signe de faiblesse

mais plutôt un signe

d'avoir essayé d'être fort

trop longtemps."



  Anonyme

Petite phrase trouvée sur le blog de Fraise des bois

Sculpture en bronze de Martine Moreau

Posté par Kaiko 2000 à 13:10 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags :


03 mai 2012

Méditer avec Ajahn Brahm

Dans le monde du bouddhisme, je découvre en ce moment le Théravada, c'est-à-dire la "doctrine des Anciens" aussi appelé parfois,  de manière un peu condescendante le "Hīnayāna" ou "Petit véhicule" par opposition au "Grand véhicule": le Mahayana.

C'est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est.

Je l'explore donc à travers l'enseignement d'Ajahn Brahm, dans son livre : Manuel de méditation selon le bouddhisme theravada.

9782351180662FS

Ce livre est vraiment très clair et décrit, dans sa première partie, les différents stades de la méditation, étape par étape, jusqu'à Jhana (la béatitude) :

  1. Premier stade: la vigilance à l'instant présent
  2. La vigilance silencieuse à l'instant présent
  3. La vigilance silencieuse sur le souffle, à l'instant présent
  4. La vigilance pleine et soutenue sur le souffle
  5. La vigilance pleine et soutenue sur le souffle magnifique
  6. L'expérience du magnifique nimitta
  7. Jhana

Chaque empêchement qui peut survenir lors de la méditation est détaillé. Il y a par exemple le désir des sens, la malveillance, la paresse, la torpeur, l'agitation, le remord ou le doute.

Ajahn Brahm fournit, pour chacun, des moyens habiles pour les dépasser.

Il conseille en outre quelque chose que j'ai trouvé tout à fait original: il s'agit d'établir un gardien de la méditation. 

"Un méditant avisé ne se contente pas de prêter attention à tout ce qui va et vient dans son esprit, il doit se souvenir des consignes et les appliquer avec diligence. par exemple, il y a une instruction bouddhique portant sur "l'effort juste", sixième facteur de l'octuple sentier. Quand le méditant avisé qui pratique la vigilance observe un état d'esprit malsain qui tente de faire irruption, il essaie d'arrêter cette souillure de l'esprit. Et si elle survient réellement, il tente de la chasser. les états d'esprit malsains comme le désir sexuel ou la colère sont comparables à des cambrioleurs ou à des escrocs à la voix doucereuse, qui vous volent votre paix, votre sagesse et votre bonheur. Il faut donc tenir compte de ces deux aspects de la vigilance: être attentif, et se souvenir des instructions. [...]

Les gardiens que nous établissons pour développer la vigilance seront attentifs aux instructions que nous leur donnerons: pleinement attentifs aux instructions, ils seront capables de s'en souvenir  et de les appliquer avec diligence. [...]

Au début de la méditation, n'oubliez pas qu'il y a un gardien à l'intérieur de vous - quelque chose qui est conscient de ce qui se passe et qui se souvient des instructions. Dites au gardien quelque chose comme :"maintenant, il faut être vigilant à l'instant présent". Dites cela au gardien trois fois de suite: la répétition aide à se rappeler" p.59-60

Cette idée du gardien me surprend car ce gardien me semblait être une part de l'ego, du mental, dont il s'agissait de desserrer l'étreinte.

Et puis ce jugement :"état d'esprit malsain", "souillure de l'esprit", concernant les pensées m'étonne.

J'ai cependant mis en oeuvre ces instructions lors du zazen d'hier soir et je l'ai trouvé singulièrement différent de mon approche habituelle, enseignée par Deshimaru et le zen sôtô de manière générale. Une notion sur laquelle l'accent est mis dans le zen est MUSHOTOKU:  c'est-à-dire pratiquer "sans but ni esprit de profit".

panneau

Ici, zazen n'est pas sans but, le but est très clairement d'obtenir l'éveil. C'est une méditation très active en un sens, je l'ai ressenti ainsi:

M'appliquant au premier stade: l'attention au moment présent (sans m'égarer dans le passé ni dans les pensées de l'avenir, juste rester présente à l'instant), j'ai ressenti clairement que le gardien faisait bien son boulot: je ne m'égarais pas bien longtemps loin d'ici et maintenant.

Mais au lieu d'être "tout accueil", je me sentais active dans cette vigilance. Je ne me permettais plus cet abandon délicieux auquel je suis habituée, cet abandon à la pratique qui pratique elle-même, à la posture libératrice qui me demande simplement de ne RIEN FAIRE, sans alimenter mes pensées.

Enfin, à la fin de la méditation, il conseille encore de prendre quelques minutes pour faire le bilan de cette méditation.

Cette vigilance exige un effort au début. Tel un muscle, elle va aller se fortifiant, pour plus tard autoriser ce lâcher du spectateur. Je suis sortie de la méditation assez essorée, mais la vigilance a persisté longtemps après mon départ et dure encore...

C'est une grande chance de trouver cet enseignement précis. car je n'ai pas de maître à qui adresser mes questionnements et à qui demander si je me fourvoie dans des états illusoires.

"Lorsque le disciple est prêt, dit-on, le maître arrive". Cet enseignement tombe à point nommé pour me permettre d'approfondir la pratique!


Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage de référence décrit la méthode progressive qui permet d'aborder la méditation du bouddhisme Theravada, école adepte d'une "religion sans dieu", et dont le seul "livre sacré", aux dires de l'auteur, est l'expérience méditative elle-même. On trouvera ici l'enseignement de la technique reine du bouddhisme originel : le dhyana (ou "jhana" en pali). Ce livre s'adresse tant aux débutants qu'aux méditants confirmés. Chacun y trouvera aussi bien des conseils et des recommandations utiles (dans la première partie du livre), qu'une perspective de la voie bouddhique selon le Theravada dans toute sa profondeur métaphysique (dans la seconde partie). Le mode de pensée et d'écriture d'Ajahn Brahm, précis, rationnel, pragmatique, et en même temps vivant et non dépourvu d'humour, est très adapté aux Occidentaux. A la fois érudit et pratiquant de très haut niveau, Ajahn Brahm a fréquemment recours aux comparaisons éclairantes. Il évite délibérément le syncrétisme simpliste pour rester dans la droite ligne du Theravada, héritier de la rigueur et de la richesse de ce qui fut probablement le Dharma originel.


Biographie de l'auteurajahn_brahm_10668
De son vrai nom Peter Betts, né à Londres le 7 août 1951, Ajahn Brahm est un moine anglo-australien de formation scientifique, disciple du fameux moine de la forêt thaïlandais Ajahn Chah auprès duquel il va étudier le dharma pendant près de neuf années. Moine depuis plus de 30 ans maintenant, Ajahn Brahm est un maître spirituel très estimé et l'abbé d'un des plus grands monastères de l'hémisphère sud (en Australie) dans lequel il accueille régulièrement des milliers de chercheurs du monde entier.

Posté par Kaiko 2000 à 19:15 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
27 avril 2012

Zazengi - Règles pour la pratique de zazen

zendodemeure_sanslimiteszazen_3

"Pour la méditation assise, il convient d'un lieu tranquille.

Il faut y étendre un carreau épais. Sans laisser le vent ou la fumée y entrer ou la pluie ou l'humidité y pénétrer, on doit préservez l'endroit où l'on se tient. Autrefois, il y eut des exemples où l'on s'asseyait sur du diamant ou sur une pierre, mais tous s'asseyaient en disposant une épaisseur d'herbe.

Le lieu où l'on s'assoit doit être clair et ne doit pas être sombre en journée ou en soirée. La règle veut qu'il soit tempéré en hiver et frais en été.

On doit abandonner toutes les relations et se reposer des milliers de préoccupations. Le bien n'est pas pensé, pas plus que le mal. Il ne s'agit pas de conscience ni de considération. Il ne faut pas désirer devenir un bouddha et on doit s'y dépouiller des positions assise et allongée.

On doit être modéré dans son alimentation. Sans être prodigue de son temps, on doit préférer s'asseoir en méditation comme si l'on devait étouffer un feu brûlant sur la tête. Le cinquième patriarche du mont Obai ne faisait que se consacrer à la méditation assise à l'exclusion de toute autre chose.

Lorsqu'on s'assoit en méditation, on doit porter un kasâya et utiliser un coussin. Le coussin ne se place pas sous l'intégralité des jambes mais [seulement] sous les cuisses. Ainsi le carreau supporte le bas des jambes croisées et le coussin la base de la colonne vertébrale. Telle est la méthode des bouddhas et des patriarches pour s'asseoir.

On s'assoit soit dans la posture du demi-lotus, soit dans celle du lotus. Dans la posture du lotus, on met le pied droit sur la cuisse gauche et le pied gauche sur la cuisse droite. Les orteils ne doivent pas dépasser des cuisses et ne doivent pas être décalés. Dans la posture du demi-lotus on met seulement le pied gauche sur la cuisse droite.

La robe et le vêtement du haut ne doivent pas trop être serrés et être convenablement arrangés.

On met la main droite sur le pied gauche et la main gauche sur la main droite. Les pouces se pressent à leur extrêmité. Les deux mains ainsi disposées, on les place près du corps. Les pouces joints doivent être à la hauteur du nombril.

On doit redresser le corps et s'asseoir droit. Il ne faut pencher ni à gauche ni à droite, ni en avant ni en arrière. Les oreilles doivent bien sûr être alignées avec les épaules et le nez avec le nombril. La langue doit être placée contre le palais et la respiration passer par le nez. Les lèvres et les dents doivent être joints. Les yeux doivent être ouverts, ni peu ni trop.

Le corps et l'esprit étant ainsi accordés, on doit respirer une fois la bouche entr'ouverte.

Fixe et immobile, étant établi dans l'assise, on pense l'impensé.

Comment penser l'impensé ? Sans penser. C'est là l'art essentiel de la méditation assise.

La méditation assise n'est pas un exercice de méditation. Il s'agit de l'accès à la grande tranquillité et joie. C'est la pratique-réalisation sans souillure.

[Colophon :] "Les règles de la méditation assise", onzième fascicule du "Trésor de l'oeil de la Vraie Loi". Instruction collective donnée pendant le onzième [mois], l'hiver de la première année du cadet de l'eau et du lièvre de l'ère Kangen au vihara de Kippô, département de Yoshida, province d'Etsu."

Ce chapitre du Shobogenzo a été rédigé en 1243 par le maître zen japonais Eihei Dôgen (1200-1253)

Posté par Kaiko 2000 à 15:00 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
13 avril 2012

Les Quatre Nobles Vérités dans le texte

dharma_logo

DHAMMA-CAKKAPPAVATTANA  SUTTA (La mise en route de la roue de la Loi)

Verset 11.1
Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux séjournait au parc aux Daims, à Isipatana, près de Bénarès. Il s'adressa aux cinq moines et dit:

Verset 11.2
O moines, il existe deux extrêmes qui doivent être évités par un religieux. Quels sont ces deux extrêmes? S'adonner aux plaisirs des sens, ce qui est inférieur, vulgaire, mondain, ignoble et engendre de mauvaises conséquences, et s'adonner aux mortifications, ce qui est pénible, ignoble et engendre de mauvaises conséquences. Sans aller à ces deux extrêmes, ô moines, le Tathagata a découvert la Voie du Milieu qui prodigue la vision, qui donne la connaissance, qui conduit à la quiétude, à la sagesse, à l'éveil et à l'émancipation.

Verset 11.3
Et quelle est, ô moines, cette Voie du Milieu que le Tathagata a découverte et qui prodigue la vision, qui donne la connaissance, qui conduit à la quiétude, à la sagesse, à l'éveil et à l'émancipation ? Ce n'est que le Noble Sentier Octuple, à savoir: la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, le moyen d'existence juste, l'effort juste, l'attention juste, la concentration juste.

Verset 11.4
Cela est, ô moines, la Voie du Milieu que le Tathagata a découverte, qui prodigue la vision, qui donne la connaissance, qui conduit à la quiétude, à la sagesse, à l'éveil et à l'émancipation.

Verset 11.5
Voici ô moines, la Vérité Noble dite dukkha: La naissance est dukkha, la vieillesse est aussi dukkha, la maladie est aussi dukkha, la mort est aussi dukkha, être uni à ce que l'on n'aime pas est dukkha, être séparé de ce que l'on aime est dukkha, ne pas obtenir ce que l'on désire est aussi dukkha. En résumé, les cinq agrégats d'attachement sont dukkha.p_Main_Bouddha_d

Verset 11.6
Voici, ô moines, la Vérité Noble dite la cause du dukkha: C'est cette "soif" qui produit la ré-existence et le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée et qui trouve une nouvelle jouissance tantôt ici, tantôt là, c'est-à-dire la soif des plaisirs des sens, la soif de l'existence et du devenir et la soif de la non-existence.

Verset 11.7
Voici, ô moines, la Vérité Noble dite la cessation du dukkha: C'est la cessation complète de cette " soif", la délaisser, y renoncer, s'en libérer, s'en débarrasser.

Verset 11.8
Voici, ô moines, la Vérité Noble dite le sentier conduisant à la cessation du dukkha: C'est le Noble Sentier Octuple, à savoir: la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, le moyen d'existence juste, l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste.

Verset 11.9
O moines, c'est avec la compréhension: "Ceci est la Vérité Noble dite dukkha" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance, s'est élevée en moi la sagesse, s'est élevée en moi la science, s'est élevée en moi la lumière.

Verset 11.10
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette vérité Noble dite dukkha doit être comprise " que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.11
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite dukkha a été comprise" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.12
O moines, c'est avec la compréhension: "Ceci est la Vérité Noble dite la cause du dukkha que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.13
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite la cause du dukkha doit être détruite" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.14
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite la cause du dukkha a été détruite " que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)p_Main_Bouddha_d

Verset 11.15
O moines, c'est avec la compréhension: "Ceci est la Vérité Noble dite la cessation du dukkha" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.16
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite la cessation du dukkha doit être atteinte" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.17
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite la cessation du dukkha a été atteinte" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.18
O moines, c'est avec la compréhension que: "Ceci est la Vérité Noble dite le chemin conduisant à la cessation du dukkha" que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.19
O moines, c'est avec la compréhension: "Cette Vérité Noble dite le chemin conduisant à la cessation du dukkha doit être pratiquée que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance (...)

Verset 11.20
O moines, c'est avec la compréhension: " Cette Vérité Noble dite le chemin conduisant à la cessation du dukkha a été pratiquée " que, dans les choses qui n'avaient pas été entendues auparavant, s'est élevée en moi la vision, s'est élevée en moi la connaissance, s'est élevée en moi la sagesse, s'est élevée en moi la science, s'est élevée en moi la lumière.

Verset 11.21
O moines, tant que cette vision et connaissance réelle des quatre Vérités Nobles sous leurs trois aspects et dans leurs douze modalités n'était pas absolument claire en moi, aussi longtemps je n'ai pas proclamé à ce monde avec ses dieux, avec ses Mara(s) et ses Brahma(s), ses troupes de religieux et de prêtres, ses êtres divins et humains, que j'avais atteint l'incomparable et suprême connaissance.

Verset 11.22
Cependant, ô moines, lorsque cette vision et connaissance réelle des quatre Vérités Nobles sous leurs trois aspects et dans leurs douze modalités me devint parfaitement claire, alors seulement j'ai proclamé à ce monde avec ses dieux, avec ses Mara(s) et ses Brahma(s), ses troupes de religieux et de prêtres, ses êtres divins et humains, que j'avais atteint l'incomparable et suprême connaissance.

Verset 11.23
Et la connaissance profonde s'est élevée en moi: "Inébranlable est la libération de ma pensée, cela est ma dernière naissance, il n'y aura plus d'autre existence."

Verset 11.24
Ainsi parla le Bienheureux. Les cinq moines, contents se réjouirent des paroles du Bienheureux.

p_Main_Bouddha_d

Posté par Kaiko 2000 à 13:50 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,
12 avril 2012

Kontin: zazen en dormant

2740471190

Kontin = sombrer (tin) dans l'obscurité (kon) se dit de l'état d'un disciple somnolant pendant zazen, assoupissement.

Kontin était au menu de ma séance de zazen hier soir.

Je n'en ai pas été chagrinée outre mesure. J'ai tenté de concentrer davantage mon attention sur la pression de mes pouces qui s'éloignaient tranquillement l'un de l'autre, puis je me suis ouverte un peu plus aux perceptions extérieures.

Rien à faire...

Je sommeillais à demi, avec ce talent très particulier de réussir à dormir assise, sans basculer ni en avant, ni en arrière, sans ronfler ni parler subitement à haute voix dans mon sommeil (ce que je fais parfois la nuit).

Lorsque l'occasion s'est présentée à moi, j'ai demandé le kyosaku*.

pic_kyosaku

Le bâton d'éveil fut fortement frappé très près de ma colonne vertébrale. Mais, même en frôlant la paraplégie...

Rien à faire...

Au bout de quelques minutes la délicieuse volupté de kontin m'a rattrapée. Rien ne pouvait me déranger, m'arracher à cette absence.

Rien à faire...

 Attention_dormir

* "Kyosaku désigne le bâton qui éveille l'attention. Il apporte pendant zazen une aide précieuse à la concentration.

Lorsque le mental est agité (sanran), des tensions se créent. Lorsque la somnolence apparaît (kontin), la posture se relâche. Il est alors possible de demander le kyosaku en joignant les mains en gassho.

Le kyosaku se donne sur l'épaule droite, puis sur l'épaule gauche. Il frappe une zone précise, riche en points d'acupuncture, remet l'énergie en mouvement et rafraîchit la concentration. Donné et reçu avec respect, il sert à ramener le pratiquant à la tension juste du corps et de l'esprit.

Le kyosaku aide à couper les illusions et élève l'esprit à une plus haute dimension. Depuis longtemps les maîtres zen ont aidé leurs disciples de cette manière.
Sur le kyosaku sont calligraphiées des sentences telles que "makumozo" : "ne pas se faire d'illusions"."

Posté par Kaiko 2000 à 14:48 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :
08 avril 2012

La première noble vérité: Dukkha

roue_du_samsara

" La vie n'est pas un problème à résoudre mais un mystère à pénétrer"

Stephen Batchelor lors de la retraite sur le thème "Grand doute, grand éveil"  au Forum 104

Cette retraite Vipassana a alterné méditation assise, debout et marchée dans le jardin du centre et des enseignements sur la méditation.

Pour lui, le contexte fondamental de la méditation est Dukkha Pariñña, qui est aussi la première noble vérité.

Dukkha, souvent traduit par souffrance est en réalité bien plus vaste: Dukkha c'est la vie dans sa dimension tragique.

Naissance, maladie, vieillesse, mort, mais aussi joie profonde que l'on sait impermanente: "C'est la vie ! C'est Dukkha!"

Méditer c'est embrasser Dukkha, aller vers une compréhension totale de la vie (Dukka Pariñña).

Voici les trois aspects fondamentaux de Dukkha pariñña:

- Incarnation: apprendre à habiter le corps plutôt que de vivre sans cesse à côté de lui

- Réceptivité: S'ouvrir à l'autre, écoute, ouverture au monde

- Emerveillement

Il nous a conseillé de rester sur un objet jusqu'à ce que l'on soit calme et stable. Cet objet peut être la respiration, la pression des pouces.

Puis, lorsque l'agitation s'apaise, de poser la question "Qu'est ce que c'est?", qui est la porte de l'émerveillement.

à suivre...

 

 

Posté par Kaiko 2000 à 13:30 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :