Sur le chemin de la simplicité

24 janvier 2012

Attention danger travail...

danger

Le moment tant craint s'approche: cet après-midi, je ferai face à celle qui me paralyse chaque jour dans mon travail, me serre le coeur et m'apprend la peur, la souffrance au travail.

Je sais depuis un mois que ce moment arrive, je l'avais nommé le jour de ma décapitation. Comme c'est douloureux d'avancer lentement vers l'échafaud...

J'ai tenté de me préparer, mais ma tête se vide dès que j'essaie de préparer des arguments pour ma défense. J'ai parlé avec des amis, reçu des tas de pensées positives et de prières, même au delà de nos frontières, pour ce moment tant redouté. J'ai lu un livre qui apprend la confiance en soi et analyse le processus qui amène au manque d'assurance  et les moyens de le dépasser.

J'ai pris des antidépresseurs,

Et j'ai recommencé à fumer...

travail

Et puis voilà que soudain, je me lève moins oppressée. Je sens une force nouvelle me porter.

Je suis vivante !

Le ciel, les nuages me parlent de ce cadeau si étrange, si précieux qu'est la vie, je la sens battre dans chaque frisson inquiet de mon coeur.

Je n'ai plus peur, je suis en paix.

C'est bien droite que j'irai vivre ce moment tout à l'heure avec cette femme qui a besoin de se sentir si puissante, si cassante pour trouver son assurance et son bonheur.

Et voici que j'apprends que la meilleure façon d'aborder la guillotine est de vivre sans tête...

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03 janvier 2012

Nouvelle année ?

2012

Chaque année, chacun se lance consciencieusement dans l'expression de ses meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Bonne année 2012 !

Alors bien sûr, "bonne année !", c'est une politesse, comme "bonjour !" ou "bonne semaine !". C'est être malpoli que d'y déroger.

Cette année, pourtant, pour la première fois, je suis gênée par cette application que l'on met à se souhaiter une "bonne année et surtout la santé !"

Comme si ce vœu avait le moindre pouvoir d'éloigner les forces obscures.

Contrairement aux années précédentes, je suis incapable de formuler la moindre résolution pour cette année qui commence, comme si elle était déjà usée, abîmée par les déceptions de l'année écoulée. L'illusion d'un nouveau départ ne prend pas.

Un grand ménage doit être fait des espoirs déçus de l'année passée.

Mais ce ménage requiert de la douceur, de la délicatesse, comme on recueille des morceaux de verre brisés en prenant garde de ne pas se blesser.

"Les bonnes résolutions sont le travail de chaque jour, nous n'en finissons jamais de commencer à vivre." Anne-Sophie Jouanneau

Un vœu est à la fois une promesse et un souhait. Alors...

Un souhait: que la lumière revienne, que les voiles se déchirent.

Une promesse: ne pas désespérer.

espoir1

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02 janvier 2012

Bilan 2011

mariage_princier Bien sûr, 2011, ce fût d'abord  pour certaines, une histoire de robes...

Voici en vrac ce que je retiens de cette année, sur le plan personnel:

- Le projet d'un nouvel enfant est reporté, bien loin de mes désirs, bien loin de mes prévisions

- J'ai un cheveu blanc sur la tempe droite. Très visible, très épais. J'ai décidé-pour l'instant- de ne pas l'arracher.

- J'ai appris ce que c'est que le mal-être et le stress au travail

- J'ai commencé un traitement par anti-dépresseurs

- J'ai un nouvel ami. Fait rarissime dans ma vie, cette proximité avec l'autre sexe sans sexualité est hautement troublante et précieuse par sa nouveauté.

- J'ai une nouvelle amie- dont j'espère apprendre à conserver l'amitié.

- Je suis devenue végétarienne pour de vrai !

- Maman a un cancer

- J'ai rencontré Benoît Billot et découvert la maison de Tobie

- J'ai recommencé à écrire sur mon blog et en tire un vif plaisir.

Une année sombre, une année douloureuse, mais avec de belles pépites de lumière en chemin, pour ne pas désespérer, pour continuer à avancer et à aimer.

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30 décembre 2011

Aranjuez, mon amour

Capa
Mon amour 
Sur l'eau des fontaines 
Mon amour 
Où le vent les amène
Mon amour 
Le soir tombé 
On voit flotter 
Des pétales de roses 
 
Mon amour 
Et les murs se gerçent
Mon amour 
Au soleil, au vent, à l'averse 
Et aux années qui vont passant 
Depuis le matin de mai qu'ils sont venus 
Et qu'en chantant, soudain ils ont écrit 
Sur les murs, du bout de leurs fusils,
De bien étranges choses 
 
Mon amour 
Le rosier suit les traces 
Mon amour 
Sur le mur et enlace
Mon amour 
Leurs noms gravés 
Et chaque été 
D'un beau rouge sont les roses 
 
Mon amour 
Sèchent les fontaines 
Mon amour 
Au soleil, au vent de la plaine 
Et aux années qui vont passant 
Depuis le matin de mai qu'ils sont venus 
La fleur au cœur, les pieds nus, le pas lent
Et les yeux éclairés d'un étrange sourire 
 
Et sur ce mur, lorsque le soir descend, 
On croirait voir des taches de sang 
Ce ne sont que des roses 
Aranjuez, mon amour

(Joaquin Rodrigo)


Concerto d' Aranjuez

Les images sont extraordinairement inappropriées à la chanson qu'elles illustrent mais la voix d'Amalia est là. Envoûtante, chaude et puissante.

 

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22 décembre 2011

Cesaria Evora, la diva aux pieds nus s'en est allée.

 Cesaria_Evora

« Quem mostra'bo ess caminho longe ? Ess caminho pa Sao Tomé »

Qui t'a montré ce long chemin pour Sao Tomé ? »).

Sôdade figure sur l'album Miss Perfumado, paru en 1992. Très politique, la chanson évoque la pratique du travail forcé encouragée par le gouvernement Salazar. Jusqu'en 1959, des milliers de « volontaires » affamés partiront en semi-esclavage dans les plantations de canne à sucre ou de cacao à Sao Tomé-et-Principe ou en Angola.

 «Quand elle chante, elle vient avec une existence entière de rescapée des bars sordides et des dorures factices de chez les grandes gens, dotores du Cap-Vert qui voulaient l'écouter. Elle vient aussi avec son exil immobile, ce but d'exil irrépressible qui maintenant gît en chacun de nous. »

Patrick Chamoiseau

 cf le bel hommage du Monde le 20/12/2011 par Véronique Mortaigne


Cesaria Evora - Sodade - Paris 2004

 

 

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20 décembre 2011

Philosophie

11208

J'ai un rapport douloureux à la philosophie et en particulier aux textes philosophiques.

Tout à commencé par la merveilleuse découverte de cette liberté de penser, de remettre en cause l'évidence, en classe de philoterminale.

Ma voie était donc toute trouvée, moi qui m'interrogeais depuis tant d'années déjà sur le sens de l'existence, l'absurdité de la souffrance dans un monde que Dieu avait déserté.

 Mais une fois embarquée dans le concret de la discipline, je me suis heurtée aux "autorités", ces hommes (en majorité) qui avaient pensé bien avant moi et qu'il fallait lire et savoir ressortir opportunément dans les dissertations.

Il s'agissait moins d'apprendre à penser par soi-même que d'apprendre une certaine gymnastique intellectuelle. De briller le plus possible en jonglant savamment avec les concepts.

J'ai découvert que la philosophie comme art de vivre était morte et qu'il n'en restait que cette discipline intellectuelle déconnectée de ma vie réelle et, malgré ma bonne volonté, mon esprit restait rétif à la plupart des classiques. J'avais systématiquement besoin de vade-mecum pour accéder à leur pensée. J'ai cependant poussé l'imposture jusqu'en maîtrise, en passant par l'implacable et prestigieuse khâgne de philosophie.

J'ai longtemps gardé précieusement mes livres de philosophie, alors que je n'avais pas réussi à aller au bout de la plupart.

Je savais en parler savamment mais gardait bien honteusement cette secrète blessure.

Willkommen

Et puis un jour j'ai décidé d'aller de l'avant et de m'en séparer. Un livre qui n'est jamais ouvert est mort. Je leur ai donné une chance de vivre une seconde vie en les offrant à une bibliothèque associative.

Souvent je regrette ce choix. Je n'étais peut-être pas tout à fait prête. Le deuil n'est pas totalement fait.

J'ai souvent le fantasme de me relancer dans la lecture du Gai savoir de Nietzsche, dans la Critique de la raison pratique de Kant et je me souviens avec émotion de l'achat du Monde comme volonté et comme représentation de Schopenhauer.

J'ai la nostalgie d'une certaine forme d'intelligence à laquelle j'ai dû renoncer.

 Ces derniers jours je me suis replongée dans cet univers-là, à travers les émissions télévisées du séduisant Raphaël Enthoven qui aborde des thèmes variés, avec un invité chaque fois différent et vulgarise, de manière assez intéressante, les ouvrages des philosophes.

Il en fait une discipline vivante et actuelle, illustrée par d'immenses photographies entre lesquelles nos deux penseurs déambulent joyeusement, en discutant de l'amitié, du hasard, de l'amour et autres sujets, de manière pédagogique, quoique un peu rapide...


PhilosophieEnthoven

 

 

 

 

 "Appliquer la philosophie à la vie quotidienne, c’est sortir de l’amnésie, surmonter les étiquettes, donner à chaque moment la densité d’une expérience. Contrairement à ce qui a un sens, ou une fonction, la philosophie ne sert à rien mais elle contribue, du coup, à extraire la réalité toute nue de la gangue des lieux communs.

Partant du principe que ce n’est pas la pensée qui donne un sens à la vie mais la vie qui donne des raisons de penser, et que tout ce que nous vivons a déjà été pensé, décrit, décrypté par les philosophes, l’ambition de l’émission est moins d’enseigner quoi que ce soit que d’en appeler à la candeur du téléspectateur en se posant (à l’aide des grands textes philosophiques) les questions que, peut-être, sans le savoir, il porte en lui. 
Loin de céder sur le fond, ou d’éluder la difficulté, « philosophie » est une tentative de dire simplement (mais sans les simplifier) des choses compliquées, de remplacer la conviction par le dialogue, de répondre par le doute à l’actuelle « demande de sens ». En un mot, si nous parlons en marchant, c’est que la philosophie ne tient pas en place."

Raphaël Enthoven

 

Posté par Kaiko 2000 à 13:20 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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16 décembre 2011

Choses vues sur le chemin du travail

misere

Dans le métro, un monsieur penché sur un article du journal 20 minutes, essayant de déchiffrer les mots, à travers un unique verre de lunette sale, qu'il tient dans sa main.

***

Devant l'appartement de ma nourrice, une femme recroquevillée sur la marche du trottoir.

A ses côtés, dans une poussette déglinguée, patiente une fillette dont le visage s'illumine, assoiffée de contact, lorsque je lui lance un timide sourire.

***

Et cet homme que j'aperçois chaque matin, lorsque je longe le parc avec ma petite, encore endormi à l'intérieur de sa camionnette orange. C'est là qu'il dort jour après jour, nuit après nuit.

Il a scotché, partout sur les grilles du parc, un avis de recherche.

On lui a dérobé une boîte qu'il gardait dans son combi, contenant des pellicules photos, fruit de douze années de travail. (Sa veste et son passeport et son ordinateur également...)

Il supplie qu'on l'aide à retrouver cette boîte...

... des souffrances, des appels à l'aide silencieux sur le chemin de mon quotidien.

Posté par Kaiko 2000 à 20:47 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
12 décembre 2011

Tard dans la vie

Je suis dursquelette
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place ou la foudre a frappé trop souvent
Un coeur ou chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement

Pierre Reverdy (La liberté des mers)

Posté par Kaiko 2000 à 17:40 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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Sois sage, ô ma Douleur

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,Oh_ma_douleur
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et comme un long linceul, traînant vers l'Orient,
Entends, ma Chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

Posté par Kaiko 2000 à 17:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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07 décembre 2011

La mystérieuse envie d'être mère

ventre_rond

J'ai pensé à Paul à cause de Paul Auster.

J'aime beaucoup les prénoms classiques

Louis,

Victor,

Siméon aussi

Tobias pourquoi pas

J'aimerais trouver un prénom qui commence par un J,

pourquoi pas Jean.

Bien sûr il faut aussi envisager que ce soit Elle

indexEt là c'est un véritable tourbillon,

Alma,

Suzanne à cause de Léonard Cohen

Adèle

Etty, Zélie ou Marie

J'aimerais trouver un prénom qui commence par un I,

pourquoi pas Inès


Peut-être que cet enfant, au prénom merveilleux, ne verra jamais le jour

Peut-être que je ne porterai plus jamais la vie

J'ai révé maintes fois d'une famille nombreuse

D'un maison pleine de joie, de jeux, d'enfants,

J'ai révé d'un homme heureux d'être père...

La vie familiale, pour lui, est un supplice

Et ce désir irrépressible qui m'habite, une inquiétude

En attendant les prénoms tourbillonnent

comme autant de vies possibles

De vies révées

interdit_femme_enceinte

 

Posté par Kaiko 2000 à 18:17 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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