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Manjusri maniant l'épée de la sagesse

Le Bouddha enseigne que c'est notre attitude erronée face aux causes de souffrance, notre refus ou notre attachement, qui provoquent celle-ci.

Dans le zen, on appelle cela les Bonnos, et ils sont nombreux:

L'avidité, le désir, la haine, l'aversion, l'ignorance, la confusion, le doute qui paralyse notre énergie pour la pratique, l'attachement...: la première étape est de prendre conscience de nos défauts

Le message de sainte Thérèse - et du Bouddha - c'est que changer notre attitude est possible.

Changer mon attitude devient possible lorsque je tourne mon regard vers l'intérieur, que je deviens intime avec moi même, que je comprend les ressorts de mon attitude. 
J'apprend à me connaître: je vois que tout ce qui me constitue est sans substance. Cette prise de conscience est libératrice.

Chaque moment de lâcher-prise d'une illusion - chaque moment où je lâche vraiment, où je sacrifie vraiment, totalement, est un moment d'éveil

Maître Nyojo disait : «à chaque fois que l'on abandonne une illusion, un attachement, c'est comme de rencontrer Bouddha face à face en devenant semblable à lui.»

C'est cette expérience d'éveil qui a rempli le Bouddha d'une compassion débordante et au désir de partager cela avec tous les êtres.

Comme sainte Thérèse, je peux ne pas sentir l'amour dans mon coeur mais agir comme si j'aimais.
Et puis elle nous apprend à commencer dans la vie quotidienne, avec les petites choses si pénibles, qui ne manquent pas de nous blesser au quotidien.
Il me faut dresser mon coeur, l'assouplir avec de l'exigence et de la compassion pour moi-même.
Garder présent à l'esprit le but ultime de ces efforts peut me permettre de tout transfigurer.

L'expérience de la souffrance devient alors école de lâcher-prise et d'amour.

Le lâcher-prise est perçu par l'ego comme un sacrifice. Mais ce n'est que sacrifier ce qui ne m'apportera pas le vrai bonheur, sacrifier des choses sans substance.

Le vrai sacrifice permet cette libération de l'ego, cet éveil qui comble véritablement l'être humain. 

Le sacrifice, ce lâcher prise, n'est donc pas un obstacle à mon bonheur mais la condition de celui-ci.

Le Bodhisattva est un être profondément heureux, profondément joyeux, qui déborde de cet amour positif à l'égard de tous les êtres, dont il n'est pas séparé:

moineSi nombreux que soient les êtres sensibles, je fais le voeu de les libérer tous.
Si nombreuses que soient les illusions, je fais le voeu de les vaincre toutes.
Si nombreux que soient les Dharma, je fais le voeu de les acquérir tous.
S
i parfaite que soit la Voie du Bouddha, je fais le voeu de la réaliser.

S'exercer au quotidien au lâcher prise - se mettre à la rude école des sacrifices de Thérèse est un pas concret vers la réalisation de ces grands voeux du Bodhisattva.

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