La belle Zohra de Jacques MajorelleLa belle Zohra de Jacques Majorelle

Jusqu'à présent je pensais qu'une certaine forme de sensualité exacerbée était dans ma nature.
Tantôt cheval sauvage se pliant avec difficulté à ma volonté. Inventant toutes sortes de justifications à sa fougue, me laissant un goût souvent amer.
Tantôt, énergie créatrice, palpitante, me portant vers l'autre (donc dans la bonne direction) mais de la mauvaise manière.

Simone Weil (la philosophe, non la femme politique) est venue apporter un éclairage nouveau et révolutionnaire à ma vieille façon d'envisager les choses.

Lorsqu'elle parle de Dieu, j'entends moi la partie haute de mon être, l'Eveillée en moi:

«Quelquefois la chair nous détourne de Dieu, mais souvent, quand nous croyons que les choses se passent ainsi, c'est en réalité le contraire qui se produit.
L'âme incapable de supporter cette présence meurtrière de Dieu, cette brûlure, se réfugie derrière la chair comme écran.

En ce cas, ce n'est pas la chair qui fait oublier Dieu, c'est l'âme qui cherche l'oubli de Dieu dans la chair, qui s'y cache.
Il n'y a pas alors défaillance, mais trahison [...]»

Ma force intérieure est faible. Comment faire? Selon Simone, la voie est encore grande ouverte:

«On évite la trahison, non par un effort, par une violence contre soi-même, mais par un simple choix.
Il suffit de regarder comme étrangère et ennemie la partie de nous-mêmes qui veut se cacher de Dieu, même si elle est presque tout nous-mêmes, si elle est nous-mêmes.
Il faut prononcer en soi-même perpétuellement une parole d'adhésion à la partie de nous-mêmes qui réclame Dieu, même quand elle n'est encore qu'un infiniment petit.
Cet infiniment petit, tant que nous y adhérons, croît d'une croissance exponentielle [...]
Cette croissance, quand elle s'opère, s'opère en nous sans nous

Simone Weil, Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu.

9782072734311