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«Un lecteur m’a écrit pour me parler d’une période très compliquée qui s’annonce pour lui et sa femme, et il m’a demandé de lui apporter conseils et motivation pour traverser cette passe difficile.
Les moments difficiles peuvent être un test pour notre âme, et en tant que tel ils peuvent être les moments les plus instructifs qui soient.
Il est facile d’être heureux et motivé quand les choses se passent bien. Mais qu’arrive-t-il quand cela s’écroule, que des ennuis imprévus se dressent sur votre route, ou que les choses se passent exactement comme vous ne le voudriez pas ? Que faites-vous alors ?
Je vais partager certaines choses que j’ai apprises personnellement à ce sujet, et vous adresser un mot d’encouragement : vous êtes plus fort que vous le pensez.
Vous allez traverser les passes difficiles, et souffrir, et apprendre. Et en ressortir plus fort et meilleur.
Il y a quatre choses que j’ai apprises qui m’aident à traverser les passes difficiles :

1- Le bonheur n’est pas en-dehors de nous

Nous recherchons souvent le bonheur hors de nous-mêmes, dans le plaisir (nourriture, shopping, jeux vidéo, télé, internet, alcool, cigarettes, drogues), chez les autres (la personne de nos rêves, la reconnaissance, les réseaux sociaux), ou dans les grands objectifs de vie (voyages, création d’entreprise, art).
Mais j’ai appris qu’aucune de ces choses ne vous rend réellement heureux. Bien sûr, cela peut vous fournir un boost de plaisir ou de joie, mais c’est temporaire et bientôt vous recherchez la nouvelle chose qui va vous rendre heureux. Cela vous laisse dans un état constant de recherche de plaisir, de distraction, de reconnaissance, de comparaison aux autres, et ainsi de suite. Et cela n’apporte pas de contentement.
Cependant, si nous réalisons que le bonheur n’est pas hors de nous, mais en nous, alors nous réalisons que nous pouvons toujours y avoir accès. Quelle est la source de ce bonheur intérieur ? Je trouve que je peux faire certaines choses qui me rendent heureux : être reconnaissant de qui je suis et de ce que j’ai, apprendre sur moi-même et sur le monde, jouer et être curieux, penser aux autres et leur souhaiter beaucoup de bonheur… ces choses pourraient être liées à des éléments extérieurs (ce que j’ai, les gens autour de moi), mais elles sont disponibles où que je sois, quoi que j’aie, et quelles que soient les personnes présentes dans le monde.
Et elles peuvent aider pendant une passe difficile. Si vous pouvez trouver le bonheur en vous, alors peu importe ce qui arrive à l’extérieur, vous avez accès à cette source de bonheur. Vous pourriez perdre votre travail, tomber malade, perdre un être cher, traverser une procédure médicale difficile, vivre un divorce… et vous pouvez encore trouver ce bonheur. Il est là si vous choisissez de vous en servir. Les circonstances de votre vie comptent, mais elles ne suppriment pas votre véritable source de bonheur.

2- Acceptez toute votre palette d’expériences

Trop souvent nous voulons juste un petit éventail d’expériences ; les bonnes choses, les choses confortables, les expériences qui nous font nous sentir bien personnellement. Et pourtant, la réalité est bien différente. Cela nous donne beaucoup de sortes d’expériences différentes, de la colère et la frustration à la joie, au plaisir, au froid, à la solitude et au chagrin. Tout cela fait partie de notre condition humaine, c’est inévitable.
Donc nous pouvons nous répandre en injures contre l’injustice d’avoir perdu une personne que nous aimons, de devoir traverser une difficulté, de devoir être seul et triste, d’être traité de façon injuste. Cela ne nous mène qu’à plus de malheur.
Ou alors nous pouvons accepter la palette entière de nos expériences. Cela va inclure toutes nos émotions, tous nos moments de joie, nos moments de peine, et tout ce qui trouve entre les deux. La vie n’est pas uniquement chaude et belle. Elle est tout cela.
Accepter ces expériences implique de tout prendre à bras ouverts, d’être vulnérable à tout ce qui peut arriver, d’avoir de la compassion envers nous-mêmes quand les choses se corsent, de nous accorder de la gentillesse, de l’amour et de la gratitude quoi qu’il arrive. Cela implique d’accepter ce qui est, et de nous accepter tels que nous sommes, sans essayer d’entrer dans le moule de l’humain parfait, quoi que nous pensions que cela puisse être. Ne pas essayer de faire entrer nos vies dans le moule des vies parfaites, quoi que nous pensions que cela puisse être.
Ce n’est pas facile, je l’admets, mais ce genre d’ouverture mène à un plus grand bonheur dans la vie.

3- Renouveler votre gratitude

Nos vies sont remplies de cadeaux miraculeux, nous les tenons constamment pour acquis, et nous nous plaignons que la vie n’est pas meilleure. Je le fais moi aussi, tout le temps. Mais quand je m’attrape en train de le faire, et que je me souviens d’être reconnaissant, la vie est soudain bien meilleure.
Votre travail est ennuyeux ? Vous pourriez être reconnaissant d’avoir simplement un travail, un toit au-dessus de la tête, de la nourriture sur la table. On ne vous apprécie pas à votre juste valeur ? Vous pourriez être reconnaissant d’avoir simplement quelqu’un dans votre vie, et des êtres à qui vous tenez.
Vous avez la vie. C’est un cadeau tellement incroyable.
Vous pourriez être reconnaissant de votre santé, si elle est bonne. Ou vous pourriez ne pas avoir une santé parfaite, mais avoir des jambes sur lesquelles marcher. Si vous n’avez pas de jambes, vous avez peut-être des yeux pour profiter de la vue d’une fleur de cerisier ou d’un coucher de soleil. Si vous n’avez pas d’yeux, vous pouvez peut-être entendre la musique. Si vous n’avez rien de tout cela, vous pouvez peut-être encore apprendre des choses en les lisant en braille. Imaginez vivre sans la joie de Tolstoï, de Shakespeare et de Cervantès ! Nous vivons dans un monde incroyable, quelles que soient les circonstances.
Et pour quiconque lisant ceci (moi y compris), nous devons penser à quel point c’est incroyable d’avoir des ordinateurs, et des smartphones, connectés à cette puissante chose appelée internet. Nous avons des maisons confortables, de la super nourriture, une santé plutôt bonne, des livres à lire, une nature sublime autour de nous, des gens qui nous aiment. C’est assez miraculeux, et pourtant nous tenons tout cela pour acquis.
Quand les choses se corsent, vous pourriez ne pas avoir tout cela. Mais il vous reste encore beaucoup de choses dont vous pouvez être reconnaissant.

4- Trouver de la bonté pour vous-même

En travaillant sur le fait d’accepter toute la palette de vos expériences, il y aura des difficultés. Ce n’est pas toujours facile de nous autoriser à être triste, effrayé, frustré, ou en deuil.
Comment traverser ces expériences de vie sans abandonner ?
Nous trouvons de la compassion pour nous-mêmes, de la gentillesse, de l’amour.
Souffrir de toutes sortes de façons fait partie de nos expériences en tant qu’humains. Nous souffrons, de petite et de grande manière, et nous voulons être heureux. Nous avons tous cela en commun.
Et donc en acceptant notre souffrance et notre désir d’être heureux comme faisant partie de l’être humain, nous nous mettons alors à vouloir mettre fin à notre souffrance. À nous souhaiter du bonheur et du bien-être.
C’est de la gentillesse et de la compassion pour nous-mêmes et notre souffrance. Il n’est pas question de ressentir de la désolation pour nous-mêmes, mais de vouloir que l’on soit heureux.
Chaque fois que nous voyons de la douleur et de la peur en nous, nous pouvons la reconnaître, et nous souhaiter d’être heureux. Souhaiter mettre fin à la souffrance. Être heureux pour nous-mêmes.
Ensuite, nous ayant accordés cette gentillesse, nous pouvons nous tourner vers la personne à côté de nous, et reconnaître qu’elle aussi souffre et veut simplement être heureuse. S’ils s’en prennent à vous de colère, reconnaissez qu’ils souffrent simplement comme vous. Et souhaitez-leur d’être heureux, souhaitez que leur souffrance prenne fin.
Ce faisant, nous pouvons faire fondre nos cœurs endurcis, nous ouvrir aux autres, les accepter avec amour. Et cette période, aussi difficile qu’elle puisse être, deviendra meilleure.»

Traduction: Olivier Roland

Article original sur Zen Habits: On making it though tough journeys