arbre lumineux

 

«  A literatura é a melhor prova de que a vida não chega»

« La littérature est la meilleure preuve que la vie ne suffit pas»

Fernando Pessoa

Je ne fais pas de littérature, mais cette phrase évoque aussi selon moi l'écriture.

Mon clavier me démangeait à la fin de l'été, et cette démangeaison se poursuit délicieusement tout au long de cet automne qui prend fin.

Ça bouillonne dans mon esprit, ça bouillonne dans mon corps, ça bouillonne dans mon coeur.

Et tout cela passe, passe si vite, qu'il m'est devenu indispensable de noter tout cela ici.

Ecrire m'oblige à organiser un minimum ce flot qui m'inonde de vagues chaudes et délicieuses qui tantôt me portent, tantôt me coupent le souffle.

Ecrire, écrire, et, dans le même temps, apprendre à me taire.

Me taire pour laisser l'écoute advenir. La parole de l'autre se déployer.

Me sentir furieusement vivante, vibrante, sentir le désir qui me porte vers les autres m'envahir, ne plus avoir peur.

Me tenir debout, bien stable et fière, 

Me tenir debout, curieuse et ouverte à la nouveauté de ce monde dans lequel j'ai si longtemps vécu les yeux fermés, paralysée, rétrécie par la peur et l'angoisse. 

Un grand souffle d'air frais est entré dans mon âme et comme un enfant surexcité j'ai envie de courir partout, de découvrir le monde, de décrypter l'intime, d'emplir mes yeux de beauté, d'aimer.

J'en retire un plaisir vif, aiguisé par la conscience que la vie sait se faire scélérate.

Reste à ne pas être dupe de ma propre fougue...