Ce film du québécois Xavier Nolan m'attirait depuis longtemps. Je suis tombée sous le charme de Melvil Poupaud. Surtout de sa voix.

Le film est plein d'énergie, un peu long et étrange, bruyant parfois. Mais la finesse de l'interprétation de Melvil m'a touchée.

Il rejoint mes interrogations sur la frontière masculin-féminin, les mystères du désir, la puissance et les limites de l'amour.

Qu'est ce que j'aime chez l'autre: sa différence ou sa ressemblance?

Laurence ne choisit pas d'être femme contre Fred, il vit l'urgence d'être enfin dans le vrai, en cohérence avec celle qu'il se sent être au plus profond de lui depuis longtemps. "J'vais mourir si je ne te le dis pas!!!"

Il vit cette certitude dans le secret et décide de vivre en vérité, peu importe les conséquences et le rejet des autres. Il est seul, plus seul que jamais mais il ne peut revenir en arrière.

Le personnage de Fred m'a laissée plus perplexe. J'ai compatis un peu, je l'ai comprise aussi dans son désir de normalité et son insatisfaction profonde dans sa vie rangée, sans passion, sans trangression... Mais elle m'a agaçée dans son incapacité à oser vivre son amour, à décider clairement si elle allait pouvoir aimer Laurence au-delà des apparences

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"L'histoire d'un prof de fac né homme, heureux avec son amoureuse, mais qui décide de faire coïncider son apparence avec son identité profonde, au risque de provoquer un séisme autour de lui.
Dans ce film-fleuve, spectaculaire, Melvil Poupaud est sidérant de simplicité et de tenue, déjouant toutes les conventions associées à la figure du travesti et du transsexuel.
Un sans-faute, sur le fil entre masculin et féminin, entre distanciation et émotion.
« Mon but est qu'on n'ait pas l'impression que je joue. »"

Télérama.fr 21/07/2012